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10 Décembre 2015

Sanofi et ICAN signent un partenariat majeur de recherche sur les cardiomyopathies hypertrophiques

 

Sanofi et ICAN signent un partenariat majeur de recherche sur les cardiomyopathies hypertrophiques

– le partenariat repose sur des modèles cellulaires faisant appel à l’ingénierie génomique et la reprogrammation de cellules du derme en cellules cardiaques ouvrant de nouvelles perspectives alors qu’il n’existe pas de traitement pour cette maladie qui constitue la cause la plus fréquente de mort subite chez le jeune adulte

Paris – Le 10 décembre 2015 – Sanofi et l’Institut de Cardiométabolisme et de Nutrition (ICAN) annoncent aujourd’hui la signature d’un partenariat pour lutter contre les cardiomyopathies. Le partenariat repose sur l’utilisation de modèles cellulaires innovants faisant appel à des technologies de pointe pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans ces pathologies et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pouvant donner lieu à terme à de nouveaux candidats médicaments.

La cardiomyopathie hypertrophique : une maladie pour laquelle il n’existe pas de traitement spécifique aujourd’hui et qui constitue la cause la plus fréquente de mort subite non accidentelle chez le jeune adulte.

La cardiomyopathie hypertrophique atteint 1 personne sur 500. Elle est associée à des mutations touchant les gènes codant pour les protéines du sarcomère cardiaque, le sarcomère étant l’unité contractile de base du cardiomyocyte (cellule cardiaque). La maladie se caractérise par une hypertrophie des parois du ventricule gauche pouvant conduire à des symptômes tels que des troubles respiratoires ou des arythmies (troubles du rythme cardiaque), voire évoluer vers l’insuffisance cardiaque. Bien qu’étant la cause la plus fréquente de mort subite non accidentelle chez le jeune adulte, l’âge auquel la maladie se déclenche, l’ampleur des symptômes et le risque de décès d’origine cardiaque sont très variables. Il n’existe aujourd’hui aucun traitement spécifique approuvé par les autorités de santé.

Cliniciens, chercheurs et patients alliés dans une approche translationnelle pour mieux comprendre la biologie de la maladie.

L’objectif de la collaboration entre les équipes de Sanofi et de l’ICAN est d’identifier les déterminants moléculaires responsables de l’expression de la maladie (au-delà de la mutation originale) en tirant parti des modèles de pointe développés par l’ICAN sur les cellules souches à pluripotence induite1 (induced Pluripotent Stem Cells ou « iPSC») et l’ingénierie génomique. L’idée est d’identifier, en partant du patient, de nouvelles cibles thérapeutiques amenées à changer le pronostic de la cardiomyopathie hypertrophique.

Une étude clinique sur l’histoire naturelle de la maladie lancée dès la fin de l’année auprès de patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique d’origine génétique.

Les équipes cliniques de l’ICAN soignent de larges cohortes de patients atteints de cardiomyopathie incluant des phénotypes extrêmes, grâce au Centre de Référence des Maladies Cardiaques Héréditaires (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris). Une étude clinique, appelée « iPS-CARDIOGEN », va débuter fin 2015 dans ce centre coordonné par le Pr. Philippe Charron. Elle concernera les familles atteintes de cardiomyopathie hypertrophique dont l’origine génétique a été parfaitement bien caractérisée. Il sera proposé aux patients et à leurs apparentés asymptomatiques, de leur prélever un échantillon de peau et un échantillon sanguin. Les données cliniques et notamment cardiologiques des patients seront collectées dans le même temps. Cette étude a reçu toutes les autorisations requises par les autorités sanitaires.

Etude sur des modèles cellulaires innovants faisant appel à l’ingénierie génomique et la reprogrammation de cellules du derme en cellules cardiaques.

La technologie qui sera utilisée, permet de reprogrammer des cellules de la peau provenant de patients, puis de les différencier en cellules cardiaques (cardiomyocytes) grâce à la plateforme coordonnée par le Pr. Jean-Sébastien Hulot au sein d’ICAN avec la contribution du Dr Eric Villard pour la partie ingénierie génomique.

Cette approche ouvre des perspectives de recherche inégalées pour l’étude des cardiomyocytes humains. En effet, les cellules cardiaques générées par cette technologie conservent les mutations responsables de la cardiomyopathie et expriment les symptômes biologiques de la maladie. Ces cellules cultivées seront caractérisées puis analysées par les équipes de recherche des Unités Cardiovasculaire-Fibrose et Sciences Translationnelles de Sanofi, basées sur les sites français de Chilly-Mazarin et Vitry-sur-Seine, pour identifier les cibles biologiques en aval de la mutation responsables de la pathologie. Ce projet partant du patient est orienté vers la découverte de nouveaux médicaments pour le traitement des cardiomyopathies génétiques et potentiellement par extension à certaines formes d’insuffisance cardiaque.

Pour Marc Bonnefoi, Vice-président Recherche & Développement du Groupe Sanofi en France, « Ce partenariat constitue un espoir pour les patients atteints de cette maladie. Il illustre parfaitement notre stratégie d’alliance qui vise à collaborer avec les meilleures équipes de cliniciens et de chercheurs en France. Cette collaboration s’appuie sur la complémentarité de nos expertises et constitue un remarquable vecteur d’accélération pour la découverte de nouveaux candidats médicaments dans une approche translationnelle associant patients, cliniciens et chercheurs ».

Karine Clément, Directrice de l’Institut Hospitalo-Universitaire ICAN ajoute : « Les scientifiques d’ICAN ont considérablement affiné la technologie de différentiation des cardiomyocytes à partir d’iPSC, clé de voûte de ce partenariat. L’utilisation des iPSC est essentielle, car il est impossible d’avoir un accès direct au coeur des patients souffrant de cardiomyopathie. Cette technologie de pointe permet de modéliser la maladie à partir de cellules humaines et d’en comprendre les mécanismes. ICAN démontre à travers ce partenariat sa capacité à valoriser son expertise académique et à stimuler et orienter la recherche fondamentale vers une recherche pour le bénéfice ultime de la santé des patients. »

Cette collaboration se déroulera sur deux ans et mettra à contribution plus de 50 chercheurs et cliniciens d’ICAN et de Sanofi.