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25 Juin 2018

Journée Vulnérabilités et Parcours de Vie en France
Un collectif solide au secours des plus fragiles

Parce qu’il n’y a pas besoin de vivre en Afrique mais juste au coin de la rue, en France, pour avoir une espérance de vie de 50 ans. Parce que près d’un Français sur quatre se sent vulnérable1 et que cette fragilité s’écrit au pluriel, touchant à la fois la santé, le logement, l’emploi et l’éducation. Parce que les réponses qu’on y apporte restent parcellaires et la prise en charge cloisonnée, la Fondation Sanofi Espoir a organisé le 19 juin un colloque sur les Vulnérabilités et parcours de vie en France. Objectif : imaginer des solutions pour répondre globalement aux parcours brisés de certaines vies, alerter les pouvoirs publics via un livre blanc et créer un Institut pour suivre les vulnérabilités en France.

 

Journée Vulnérabilités et Parcours de Vie en France
Un collectif solide au secours des plus fragiles

Parce qu’il n’y a pas besoin de vivre en Afrique mais juste au coin de la rue, en France, pour avoir une espérance de vie de 50 ans. Parce que près d’un Français sur quatre se sent vulnérable1 et que cette fragilité s’écrit au pluriel, touchant à la fois la santé, le logement, l’emploi et l’éducation. Parce que les réponses qu’on y apporte restent parcellaires et la prise en charge cloisonnée, la Fondation Sanofi Espoir a organisé le 19 juin un colloque sur les Vulnérabilités et parcours de vie en France. Objectif : imaginer des solutions pour répondre globalement aux parcours brisés de certaines vies, alerter les pouvoirs publics via un livre blanc et créer un Institut pour suivre les vulnérabilités en France.

Aboutissement de 8 ans de travail de la Fondation Sanofi Espoir, cette journée sous le signe du « décloisonnement dicté par la nécessité », n’est pas un bilan, mais bel et bien une « rampe de lancement », comme s’y est engagé son Président Xavier Darcos.

6 ateliers pour construire ensemble

Gentilly – 19 juin – 10 h… Comme 150 autres membres d’associations ou de fondations, travailleurs sociaux, chercheurs ou acteurs publics, Thierry1 quitte le grand amphi où Xavier Darcos, Président de la Fondation Sanofi Espoir vient de donner le coup d’envoi du Colloque Vulnérabilités, pour rejoindre l’un des 6 ateliers de co-construction de la journée. Directeur d’une résidence sociale des Apprentis d’Auteuil qui accueille chaque année 150 jeunes de 16 à 25 ans, aux parcours aussi cabossés que leur santé, Thierry a choisi de témoigner sur la santé, comme pilier d’insertion. Aux 25 participants de son atelier, il va donc expliquer comment sa Fondation redonne peu à peu confiance à ces jeunes pour qu’ils puissent un jour trouver un emploi. Autour de lui, les questions fusent. Avec quels partenaires travaille-t-il ? Pour quels résultats ? Quels obstacles a-t-il dû franchir ? Un échange s’installe. De nouvelles solutions émergent. Un animateur les note sur des post-its puis les colle sur un grand tableau. Même scénario deux étages plus haut. Une trentaine de personnes travaillent sur « l’Aller vers » en santé, à partir de plusieurs témoignages dont celui de Charlotte2. En charge des maraudes d’ADSF (Association pour le Développement de la Santé des Femmes), Charlotte explique comment son association va à la rencontre des jeunes femmes nigérianes qui se prostituent au Bois de Vincennes, comment elle pare au plus urgent, MST et grossesses non désirées, mais surtout comment elle les aide à sortir de cette violence. Atmosphère tout aussi studieuse dans les salles d’à côté où quatre groupes travaillent sur les autres thèmes : l’approche globale de la personne et le décloisonnement, la médiation socioculturelle, La continuité territoriale de l’offre de soins et Le transfert de l’innovation dans le droit commun. Il est 11 h. Les tableaux sont noirs de post-its. Reste à les classer pour faire émerger des projets que la Fondation va accompagner dès 2019.

Une approche globale de la personne

« Ces 6 thèmes ont été identifiés par les associations elles-mêmes comme étant prioritaires, précise Valérie Faillat, Déléguée générale de la Fondation. Nous en avions imaginé d’autres, beaucoup plus ciblés mais ils ont été balayés d’emblée, il y a 6 mois. Le ton était donné : pour préparer ce colloque, nous devions être transversaux et collaboratifs. 30 sessions de travail et 100 heures plus tard, nous le sommes toujours. »

L’enthousiasme à travailler ensemble et la soif d’échanges qui se sont une nouvelle fois manifestés aujourd’hui prouvent en outre que ce décloisonnement est indispensable. « L’approche technique et isolée pour lutter contre les inégalités en santé, en matière de logement, d’éducation ou d’emploi ne suffit plus. Pour gagner le combat contre toutes ces vulnérabilités conjuguées, il faut non seulement casser les silos et remettre la personne au centre mais aussi croiser nos expériences et travailler ensemble », affirme-t-elle.

Une table ronde pour éclairer l’action

Résolument tourné vers l’action, le Colloque Vulnérabilités a aussi souhaité « éclairer cette action » comme le souligne Xavier Darcos. Avec une table ronde d’une heure aux intervenants choisis à la fois pour leurs expertises complémentaires et leur ouverture d’esprit, animée par Marie Drucker et introduite par Xavier Darcos.

Rappelant, chiffres à l’appui, pourquoi les anciens modèles de prise en charge en silo ne fonctionnaient plus, ce dernier a insisté sur la nécessité de décloisonner. Une volonté dont Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education nationale, s’est fait l’écho en commentant les mesures gouvernementales en faveur d’une vision globale de l’enfant. La visite médicale scolaire, dont près d’un enfant sur deux ne bénéficie plus aujourd’hui faute de médecins, en fait partie, grâce à un plan d’action interministériel qui fera intervenir la médecine de ville dès 2019. Ou encore le dispositif Devoir Faits qui a instauré, depuis la rentrée 2017, de nouveaux liens entre le collège et les familles, et diminué de ce fait la vulnérabilité des plus démunis.

Responsable du département précarité à l’ARS d’Ile-de-France, le Dr Isabelle Chabin-Gibert, a quant à elle rappelé que la lutte contre les inégalités sociales était inscrite dans son projet régional de santé. Un enjeu de taille quand on sait que l’espérance de vie peut varier de 7 à 10 ans en fonction du lieu d’habitation et du statut social. Garantir la sécurité alimentaire aux familles vivant en hôtel social n’a rien de médical mais améliore leur santé puisque 3 enfants sur 4 y présentent aujourd’hui des carences alimentaires. Tout comme stabiliser le logement des femmes enceintes pour améliore leur santé car il permet d’assurer leur suivi gynécologique.

Interrogé sur la nécessité d’un guichet unique ou d’un grand ministère de l’action sociale, Benoist Apparut, ex ministre du logement et Président du Directoire d’in’li, a préféré souligner l’urgence qu’il y avait à figer enfin le périmètre des ministères pour que les politiques publiques puissent s’installer dans la durée et que les acteurs de terrain aient ainsi plus de visibilité. Charge à eux de travailler ensemble en décloisonnant localement.

C’est au sociologue et directeur de recherche émérite au CNRS, Alain Ehrenberg qu’est revenu le mot de la fin. Déplorant que la segmentation des politiques publique pénalise les citoyens qui se définissent de plus en plus par leurs parcours de vie et non plus par leur statut, il a alerté l’assemblée sur le changement de notre modèle de protection sociale. Dans une société qui ne protège plus les gens par leur statut mais leur apprend à se protéger par eux-mêmes, il est urgent non seulement de clarifier ce qu’on entend par responsabilité et autonomie mais aussi de développer l’intelligence émotionnelle pour éviter l’abandon.

La Fondation Sanofi Espoir, à travers plusieurs partenariats, agit pour permettre aux populations vulnérables d’avoir accès à la santé

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