ssiers d'actu'

17 Mai 2018

Cancer & Travail - Agir ensemble pour vivre ensemble

Lancé en 2017 par des collaborateurs de Sanofi, « Cancer & Travail : Agir ensemble » accompagne les salariés touchés de près ou de loin par le cancer, sur tous les sites de Sanofi en France. Une approche inédite, par son envergure comme par sa pluridisciplinarité, son humanité et sa solidarité en entreprise.

Le point avec celle qui l'a cofondée et qui la pilote aujourd’hui, Hélène Bonnet, Responsable projet en RSE France1 ainsi qu’avec Arnaud Bedin, Directeur médical de Sanofi France et membre du Comité de pilotage. Tous les deux ont été touchés par le cancer : elle en tant que patiente et lui en tant que mari.

 

Cancer & Travail – Agir ensemble pour vivre ensemble

Lancé en 2017 par des collaborateurs de Sanofi, « Cancer & Travail : Agir ensemble » accompagne les salariés touchés de près ou de loin par le cancer, sur tous les sites de Sanofi en France. Une approche inédite, par son envergure comme par sa pluridisciplinarité, son humanité et sa solidarité en entreprise.

Le point avec celle qui l'a cofondée et qui la pilote aujourd’hui, Hélène Bonnet, Responsable projet en RSE France1 ainsi qu’avec Arnaud Bedin, Directeur médical de Sanofi France et membre du Comité de pilotage. Tous les deux ont été touchés par le cancer : elle en tant que patiente et lui en tant que mari.


Le programme « Cancer & Travail : Agir ensemble » a été initié par deux salariées atteintes d’un cancer, dont vous, Hélène. En quoi votre histoire a-t-elle été déterminante ?

Hélène Bonnet. – Le 13 novembre 2014, lorsque j’apprends que j’ai un cancer du sein triple négatif, je sais exactement ce qui est en train de m’arriver. Je suis chercheuse et suite à un changement de poste je viens d’arriver à Paris avec mon fils de 15 ans. Heureusement je vais être formidablement soutenue par ma famille, mes amis et par mon travail, même si je m’arrête pour me soigner. Mon manager et trois de mes collègues ne me lâcheront pas d’une semelle pendant 9 mois.

Quand je reprends, c’est l’enthousiasme. J’aime mon métier, j’ai besoin et envie de travailler, de reprendre le cours de ma vie. Pourtant, trois semaines après, je suis en vrac. Rien ne se passe comme je l’avais imaginé. Je suis fatigable, parfois à fleur de peau, j’ai perdu mes repères. Je n’ai plus ni le même calendrier, ni le même rythme que les autres. En fait, mon retour s’avère être lui aussi une épreuve. A nouveau, par bonheur, je suis efficacement accompagnée. Avec Isabelle, le médecin du travail, Marie-Laure, l’assistante sociale et grâce à un bilan de compétences, je continue à mobiliser ces ressources découvertes pour traverser la maladie. Je déculpabilise, je comprends ce qui m’arrive. Mon envie de transmettre ce que j’ai appris devient un leitmotiv. « Cancer et Travail : Agir ensemble » émerge.

Pendant ce temps, Fabienne, une autre salariée de Sanofi, en récidive d’un cancer, se bat elle aussi pour concilier traitements et travail. Nos démarches entrent en résonnance. Quant à Isabelle et Marie-Laure, elles rejoignent le club Inter Entreprises de l’Institut National du Cancer (INCa) pour partager des bonnes pratiques. Une charte se rédige . Sanofi sera l’une des 10 premières entreprises à la signer, le 17 mai 2017. Guillaume Leroy, notre président est enthousiaste ; il me confie une mission : passer à l’action. Le 3 octobre, la première de nos 34 antennes ouvre ses portes.

En pratique, comment fonctionnent vos antennes et où en êtes-vous un an après ?

HB. – Elles regroupent chacune 6 compétences : la santé au travail, le service social et les Ressources Humaines, ainsi qu’un patient, un proche aidant et un manager. Grâce à cette diversité, chaque situation peut être abordée sous tous les angles. Ce qui change tout, c’est cette complémentarité au sein de l’antenne entre les 6 compétences, métiers et expérience de salariés qui ont déjà vécu une situation de cancer.

Espace confidentiel ouvert à tous, l’antenne peut être sollicitée à tout moment, avant le diagnostic ou longtemps après. Elle accueille alors le salarié en demande et construit avec lui l’accompagnement dont il a besoin. Tous les membres des antennes ont été formés au « counseling2 » par l’Agence Comment Dire (voir encadré), une relation d’aide active, recommandée par l’OMS, fondée sur l’empathie et la croyance dans le potentiel de la personne à continuer son développement dans un environnement bienveillant.

Sur nos 34 antennes prévues, 28 sont constituées à ce jour, dont 10 ont déjà pris en charge au moins une situation. Comme cette collaboratrice, qui en faisait trop car elle avait peur d’être oubliée et son manager qui ne savait pas comment lui apporter son aide. Ou encore ce manager dont le collaborateur avait un enfant atteint d’un cancer et devait gérer une angoisse immense…

Arnaud, pourquoi avez-vous rejoint « Cancer & Travail : Agir ensemble » quelques mois après la signature de la Charte INCa ?

Arnaud Bedin. – Je suis arrivé chez Sanofi en septembre 2017, quelques mois après la signature de la charte de l’INCa. Très vite, j’ai rejoint l’initiative « Cancer & Travail : Agir ensemble », qui fait écho à mon parcours professionnel et personnel. Sur le plan professionnel,  je suis oncologue de formation et aujourd’hui directeur médical de Sanofi France. A titre plus personnel, cette initiative me touche également puisque j’ai vécu l’expérience du cancer aux côtés de ma femme que j’ai accompagnée dans la maladie.

Je pense qu’il est aussi important de porter la voix des conjoints de patients car cette situation est particulièrement complexe à vivre : avoir à gérer la maladie de mon épouse  tout en continuant à assumer mon travail, la vie familiale et sociale a été une épreuve difficile dans laquelle l’entourage professionnel aurait pu/dû jouer un rôle déterminant.

Qu’est-ce qui vous a interpellé en tant que membre du comité de pilotage et en tant que proche aidant ?

AB. – Sa pertinence tout d’abord. Sur les 3 millions de personnes qui vivent avec ou après un cancer en France, 1 million travaillent3. Ces personnes restent vulnérables jusqu’à 2 ans après leur reprise et il y en aura de plus en plus. Car grâce aux progrès de la médecine, 1 personne sur 2 survit après un cancer en France et 1 personne malade en impacte 43. Avec « Cancer & Travail : Agir ensemble », Sanofi apporte une vraie réponse dans laquelle tout le monde est sur un pied d’égalité, avec un accompagnement modulable. Ce qui est unique.

L’innovation de Sanofi tient à ce côté très opérationnel et collaboratif, qui plus est à grande échelle. Un programme où le patient et le proche-aidant sont sollicités pour leur expertise et non pas seulement pour être aidés. Nous sommes en présence d’une structure professionnelle, avec un chargé de mission dédié qui est aussi un patient et qui la pilote comme un vrai projet scientifique. Le tout étant rattaché à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise. C’est dire à quel point il est considéré comme un vrai projet d’entreprise, créateur de valeur et de cohésion sociale.

Fabienne, la patiente qui a cofondé le programme avec vous, Hélène, n’est plus là pour partager vos succès. Vous lui aviez promis de réussir, qu’avez-vous envie de lui dire aujourd’hui ?

HB.  Fabienne, on a tenu parole et on va continuer. Enthousiastes, fiers et rassurés, tout le monde a adhéré au projet d’emblée, y compris au plus haut niveau. La dynamique créée va bien au-delà du cancer. En libérant la parole, en changeant le regard, elle fait naître de la solidarité et de la joie. Comme tu le souhaitais.

À nous de déployer nos antennes « Cancer & Travail : Agir ensemble » pour qu’elles soient toutes opérationnelles d’ici à la fin de l’année. À nous ensuite de les évaluer et de partager les bonnes pratiques. Avec peut être un symposium en 2019 pour que d’autres, en dehors de Sanofi, puissent s’inspirer de ta, de ma, de nos expériences à tous.


Découvrez le témoignage vidéo d’Hélène Bonnet

« Comment Dire », un partenariat d’avenir, un expert du counseling depuis le VIH

Deux questions à Catherine Tourette-Turgis, Fondatrice de l’Université des patients et de l’organisme de formation « Comment Dire », partenaire de « Cancer & Travail : Agir ensemble ».

Quel a été votre rôle dans le programme ?

Catherine Tourette-Turgis. – Cela faisait 2 ans que je me battais pour trouver des solutions à « l’après soin » dans le cancer. Une période où on s’effondre, où il faut tout reprendre en main mais  où il n’y a plus personne pour vous aider. « Cancer & Travail : Agir ensemble » en offre une. Nous avons à la fois formé ses antennes  au counseling, au rétablissement » et aidé l’équipe à modéliser son programme.

Les 6 dimensions du rétablissement font partie du counseling. De quoi s’agit-il ?

CTT. – Au-delà de la dimension médicale, 5 autres dimensions sont indispensables pour se rétablir vraiment. La famille et le couple souvent mis à rude épreuve, la dimension sociale parce qu’on n’a pas une bonne image du survivant et que cancer rime encore avec mort, la dimension économique pour éviter la faillite ou la précarité, la dimension existentielle pour se reconstruire avec un nouveau rapport à la vie et, enfin, l’indispensable dimension professionnelle. Ce qui fait qu’on peut-être guéri de son cancer sans être rétabli !