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23 Novembre 2018

Avec l’usine d’Aramon, l’emploi a de l’ambition


4ème entreprise du département du Gard, le site Sanofi d’Aramon est une usine extraordinaire à bien des égards, et notamment en matière d’emploi. Dans une région où le taux de chômage est un des plus élevés du pays, avec plus de 13 %*, Sanofi a  embauché à Aramon en 2018 près de 70 personnes. Denis Largeau, Directeur du site, nous explique pourquoi et comment.

 

Avec l’usine d’Aramon, l’emploi a de l’ambition

4ème entreprise du département du Gard, le site Sanofi d’Aramon est une usine extraordinaire à bien des égards, et notamment en matière d’emploi. Dans une région où le taux de chômage est un des plus élevés du pays, avec plus de 13 %*, Sanofi a  embauché à Aramon en 2018 près de 70 personnes. Denis Largeau, Directeur du site, nous explique pourquoi et comment.

Ancrée au cœur de son territoire depuis plus de 50 ans, votre usine est un véritable atout économique pour la région. Par quoi se traduit son impact économique ?

Denis Largeau. – Avec 900 salariés, l’usine d’Aramon a recruté en 2018 près de 70 personnes en contrat à durée indéterminée, accueilli 42 alternants ainsi que 30 stagiaires et organisé la visite de 160 étudiants. Nos embauches se sont principalement faites sur le territoire au sens large, c’est-à-dire le Gard mais aussi le Grand Avignon, voire les Bouches du Rhône. Particulièrement impliqués dans la formation des jeunes, via l’alternance, nous allons bien au-delà du seuil légal de 4 %, avec 5,7 % en 2018 et un objectif de 6 % en 2019. Il s’agit pour nous d’un véritable vivier, puisque 12 des salariés embauchés en 2018 étaient d’anciens alternants. Au-delà de ces emplois directs, notre site fait travailler 221 fournisseurs locaux et génère 85 millions € d’impact économique indirect dans la région.

En quoi cet apport est-il vital pour la région ? Et pour vous ?

DL. – Notre bassin d’emploi est un des plus touchés en France par le chômage et notamment le chômage des jeunes. On y embauche peu et Aramon fait figure d’exception. Mais comme c’est une région plutôt tertiaire, avec peu de formations débouchant sur l’industrie, nous avons du mal à trouver des candidats. Travail posté, filière peu connue… Il y a pénurie dans nos métiers. C’est pour ces raisons que nous avons multiplié les partenariats avec des écoles et que nous allons à la rencontre des jeunes. Nous avons en effet impérativement besoin d’une main d’œuvre de qualité pour produire nos principes actifs. La santé de 10 millions de patients en dépend, chaque jour…

Comment faites-vous pour rendre les métiers de la chimie plus attractifs ?

DL. – La première chose est de les faire connaître. C’est pourquoi nous participons chaque année à des forums emploi, avec les missions locales, les chambres de commerce ou Pôle emploi. Ces forums nous ont permis de rencontrer près de 1000 personnes en 2018. Les visites d’écoles dans nos ateliers, du Bac Pro au niveau ingénieur, sont aussi l’occasion de faire découvrir nos métiers et leur environnement, tout en tordant le cou à certaines idées reçues. Il faut aussi développer les filières de professionnalisation en chimie. C’est dans ce but que nous avons noué des partenariats de formation assez poussés avec certains lycées de la région ou le GRETA Provence (cf. encadré). Objectifs : développer les filières de professionnalisation grâce à des contrats en alternance, former nos opérateurs et techniciens déjà en poste et permettre à des demandeurs d’emploi de se reconvertir dans la chimie.

Au-delà de l’emploi, comment votre site s’engage-t-il au service de l’intérêt général ?

DL. – Engagés pour notre territoire, nous sommes partenaire du troisième Contrat de Transition Ecologique (CTE) du Gard et nos efforts se concentrent notamment sur les économies d’énergie. Nous nous sommes fixés un objectif à moins 8% de consommation énergétique pour 2020. Nous cultivons aussi nos propres olives, sur 85 hectares, dont la vente sert à financer des actions solidaires et qui sont récoltées par des travailleurs handicapés. En lien avec de nombreux ESAT de la région, nous avons reçu le Trophée RSE Méditerranée 2018 de l’Union des industries chimiques pour la customisation de nos ruches par des artistes handicapés.

* Rapport Dares du 25 octobre 2018

30 ans de partenariat avec le GRETA

Questions à Sylvie Maréchal, conseillère en formation continue au GRETA Provence.

Quels objectifs partagez-vous avec Sanofi ?

Sylvie Maréchal. – En tant qu’organisme de formation continue de l’éducation nationale, nous nous adressons aussi bien aux salariés qu’aux demandeurs d’emploi et aux jeunes avec des programmes allant jusqu’à Bac +2 et qui débouchent sur un emploi. Les entreprises, dont Sanofi, font donc naturellement partie de l’équation. D’autant que l’industrie, et la chimie en particulier, recrute beaucoup dans notre région mais attire peu. Il faut donc la rendre attractive.

Comment travaillez-vous ensemble, depuis 30 ans ?

SM. – Notre but commun est de développer l’emploi et la montée en compétences des salariés. Pour cela, nous utilisons tous les ressorts de la formation en alternance, avec un Bac Pro procédés de la chimie de l’eau et des papiers carton (PCEPC), un BTS pilotage des procédés dans la Chimie. Des modules de formation sont régulièrement dispensés en intra (8 à 10/an), Mais également des modules professionnalisants, sur mesure, pour donner aux demandeurs d’emploi une 1ère qualification. Sanofi bénéficie de toutes ces solutions, au rythme de 4 à 6 alternants par an. Une session de 10 candidats en Contrat de Professionnalisation Intérimaire (CPI) de 210 heures vient en outre de s’achever et les intérimaires sont en poste chez Sanofi jusqu’en avril. Certains seront sûrement embauchés à l’issue.